
Chapitre 27: Las Cuevas de las Manos Après quelques péripéties automobile on arrive dans la petite ville de Perito moreno. Ici, il n'y a rien! La grotte que nous voulons visiter est à 80km. On décide de reprendre le bus pour se rapprocher du lieu et dormir dans une estancia (ranch). Le souci, c'est qu'il est 18h et que le bus passe uniquement par la route 40 et l'estancia est située à 7 km de la route, il va falloir marcher... Arriver au croisement la chance nous sourit une fois de plus. A peine nos sac sur le dos bien décidés à marcher à travers le désert, une camionnette nous prend en stop, c'est le cuisinier de l'estancia qui rentre de Perito. Nous sommes au beau milieu de nul part. Ici pas d'électricité la journée, seulement un générateur la nuit. Les montagnes sont arides et le vent froid se lève tout les après midi. On dort dans une baraque de 100m2 où il y a un poêle et 13 lits. Nous sommes seuls. Demain nous partirons à l'aube à pied jusqu'à la grotte. Il y a 38km aller retour pour accéder au canyon plus 3 km pour arriver jusqu'à l'entrée. Personne ne prends ce chemin car il n'est pas carrossable, par contre on a une vue imprenable sur le canyon qu'aucun touriste ne peu voir de la route 40... On ne rigole pas avec le soleil! Chose que beaucoup de gens ignorent, il y a un trou dans la couche d ozone au dessus du sud de la Patagonie (merci Manue pour l'info). En effet, les gaz nocifs rejetés sont attirés par les pôles et détruisent la couche d 'ozone à ces endroits. En l'espace de 3 ans les cancers de la peau ont triplés au sud du Chili... Donc on se protège! Le désert de Patagonie: On commence à marcher de bonne heure, le ciel est bleu et seul quelques nuages d'altitude persistent. Leur forme est peu commune. Le vent venu d'antarctique prend de la vitesse sur l'atlantique et les plaines de Patagonie, donc le vent souffle constamment et en rafale ce qui donne des formes effilées aux nuages. J'ai rencontré un féru d'aviation à Buenos Aires, sa passion est de faire du planeur au dessus de la cordillère des Andes, car les vents frappants cette dernière et on peu aisément battre des records de vitesses en planeur et même parfois ne pas pouvoir redescendre tellement le vent est fort... On continu de marcher quand tout à coup un couple de Ñandu (sorte d'autruche) déboule de la montagne et nous passe jute devant. La chasse à la photo commence. François grimpe sur la colline pour essayer de le rabattre vers moi. En vain. Avec des pattes taillés pour la course dans la pampa et de plus médaillé du bipède le plus rapide du monde, on peu toujours courir... Un peu plus loin apparaît tout une bande de Guanacos (sorte de lama à tête noire), impossible de les approcher car à pied nous ressemblons à des prédateurs mais nous sommes devenus une curiosité et ils nous suivent à bonne distance. On commence alors une partie de cache-cache avec eux. On les surprends à revers d'une colline où ils ne peuvent pas nous voir (soleil en face) et nous sentir (vent dans le dos et je me suis lavé avant de partir), napoléon aurait été fier de nous! Quelques kilomètres plus loin des flamands roses s'abreuvent dans les restes d'un lac asséché. Décidément je ne comprendrai vraiment rien à la faune et la flore de ce pays... Pour finir une horde de chevaux sauvages galope au loin. Il ne manque que le puma et on aura tout vu. En ce qui concerne les Guanacos, les chasseurs ne peuvent tuer qu'une bête par an selon la loi, car la femelle n'accouche que d'un petit par an. Encore une bonne surprise! Nous nous écartons de la route et nous tombons sur un ancien site indien inconnu. Le sol est jonché de pierres taillées, sûrement pour faire des pointes de flèches. Nous ramassons quelques échantillons (histoire d'alléger le sac...) preuve de notre journée de marche en Patagonie... On arrive au canyon, le temps de prendre un maté et admirer la vue puis direction la grotte qui est à flanc de falaise. La Cueva de las Manos: « résidence d'été » des indiens locaux sur à peu près 8 générations. Sur 100m de paroi, plus de 600 mains dessinées (dont 90% de mains gauches) et de couleur positive (blanc sur fond ocre) ou négative (noir ou ocre sur fond blanc). On notera aussi la présence d'une main à 6 doigts... la technique d'art primitif utilisée est la suivante: faire un mélange de pigments naturels mélangés à de l'eau poser une main sur le mur et cracher le mélange. On suppose que la plupart des indiens étaient droitiers, préparaient le mélange de la main droite, ce qui expliquerait le nombre de mains gauches dessinées. En revanche il n'y a aucune explication quant à la signification des ces signes: rite de passage à l'âge adulte, cérémonie religieuse, de guerre etc... Plus nous avançons plus les dessins évoluent: cercles concentriques, dessins de femelles guanacos enceintes, main de couleur verte. La datation au carbone 14 indique que les plus vieux dessins ont 10000 ans, les plus récents 800. En fin de compte une journée très intéressante! On retourne à l'estancia en faisant du stop. Et nous partons le lendemain pour El Chalten et le fameux Fitz Roy, montagne haute de 3900m d'altitude, dont 1800m d'escalade, l'un des spots les plus difficiles de la planête... Les photos sont sur: http://picasaweb.google.com/julien.beraha/CuevaDeLasManosPatagonia# |