
Chapitre 29: le nord argentin et le salar d'uyuni
Arrivé à Cordoba après un jour de bus, je dors chez une famille que j'ai rencontré une fois encore par le biais de couchsurfing. Des gens adorable! Malgré mes explications, le père me montre fièrement son barbecue et se met en tête de m'apprendre à faire un asado (voir la « l'asado argentin » dans la rubrique « partez »). Un des membres de la famille est un perroquet uruguayen en liberté dans la maison, un vrai bavard! Pendant deux jours je visite la ville et Véronica, une des sœurs, anime une émission de critique de cinéma à la station de radio locale, ce qui nous permet de rentrer gratuitement dans toutes les manifestations culturelles. Le soir, j'accompagne Julie qui travaille dans un restaurant bar à partir de minuit. Le patron est un vieux marin à la retraite et à construit son bar en forme de bateau avec un mat et des voiles! Lorsque j'arrive il est en train de jouer dans un coin de la proue avec son groupe de jazz. On discute de voyages et de saxophone. Avant que je parte il me propose de travailler en tant que barman et veux m'apprendre à faire des cocktails. L'idée m'enchante, mais il faut que je reparte car juillet n'est plus très loin. C'est dommage mais ce fut tout de même une bonne soirée!
Le dimanche arrive et Diego le père veut faire une virée familiale dans un petit village à trois heures de Cordoba. Véronica, Julie et moi décidons d'y passer la nuit pour avoir le temps de faire des balades. San Marcos Sierra et un charmant petit village dans la montagne, construit à l'origine par une communauté hippie. D'ailleurs les hippies de la première heure sont toujours là et essayent de vivre en autosuffisance. On se trouve une auberge bien sympathique. A l'entrée, allongé dans un hamac et grattant sa guitare, se trouve Manolo, un vieux gitan ayant parcouru le monde, à eu son heure de gloire avec les « gipsy kings » et à poser ses valises ici il y à quelques années. On se régale de ses récits d'aventures jusqu'au petit matin. On visites les vallées jusqu'en fin d'après midi et on prends le dernier bus pour Cordoba. Le soir même je quitte donc la petite famille pour me rendre à Salta et l'oncle qui travaille dans une compagnie de bus me fait payer une « cama suite » (suite-lit royale) pour le prix d'un siège ordinaire. Résultat: champagne, siège en cuir inclinable en lit, repas et petit-déjeuner, couverture et oreiller etc... bref couchsurfing m'aura fait faire pas mal d'économie!
Arrivé à Salta à 10h, je ne perds pas de temps, je paye un tour pour voir la région en une journée. C'est ma première expérience en « tour organisé », je n'aime pas vraiment ça, mais c'est la seule façon de voir la région rapidement et économiquement. Le nord argentin et l'endroit le plus pauvre d'argentine, les maison sont en boue séchée et les rares peuples qui vivent dans les montagnes ont du s'adapter à l'énergie solaire car il n'y a aucun arbre à cette altitude. Nous longeons « le tren a las nubes » (le train au nuages), une des lignes de chemin de fer les plus hautes du monde. Son nom ne vient pas de son altitude record, mais de la surprise des habitants découvrant un train à vapeur crachant des nuages... Nous passons par des petits villages de 3 familles, visitons les Salinas à 3100m, mâchons de la coca pour tenir l'altitude, arrivons jusqu'au point culminant à 4070m et redescendons à Purmamarca, un village construit dans des gorges dont la pierre a 7 couleurs différentes! Encore un bon séjour! Le dernier soir, avec 2 amis nous allons dans une peña, un restaurant où les locaux se réunissent pour jouer de la guitare et chanter toute la nuit. Moi je mange mon dernier asado argentin, qu'est ce que c'est bon...
Je quitte l'Argentine un fois pour toute pour repasser au Chili à San Pedro d'Atacama, au bord du désert hyper-aride du même nom. Je rencontre 2 français faisant le tour du monde, Mathieu est routier et Marie peintre d'altitude. Ils vivent tout les deux dans un camion aménagé près de Paris, on négocie une auberge pour pas trop cher et nous restons ensemble pour le reste de l'aventure. Ici on se lâche car les activités sont abordables. On loue des sandboards (surf des sables) et un vélo et on par à la conquêtes des dunes, le soir nous nous rapprochons des étoiles, on rencontre Alain un astronome français qui s'est exilé loin de la pollution est a construit un observatoire au milieu du désert. Ils nous apprends à nous repérer grâce aux étoiles, les différentes constellations, les théories sur la vitesses lumière et notre distance par rapport au étoiles. On observe au télescope: Syrius, Saturne et son anneau, des nébuleuses, un zoom sur la voie lactée et ses millions d'étoiles... une expérience fantastique. Si vous passez par là, voici son site: www.spaceobs.com Le lendemain nous trouvons un ranch. Et on s'offre une journée à cheval dans le désert, on passe par la vallée de la mort jusqu'à la vallée de la lune. Notre guide, un jeune gaucho bolivien nous fait découvrir la région. Comme nous avons tous déjà fait du cheval, nous parons au triple galop dans le désert, quelle sensation, galoper dans le sable donne l'impression d'être sur un tapis volant! Nous rentrons au ranch vers 21h, la nuit est tombée depuis deux heures ce qui nous permet de mettre en pratique les cours d'Alain.
Il est temps d'aller en Bolivie. Il existe un tour de trois jours en 4x4, loger et nourrit pour 80€. Là on rigole plus, on monte à plus de 5300m, il caille et le soleil brûle. Des lacs de couleurs bleu turquoise tranchent avec la roche orangée. Trois espèces de flamand rose vivent sur l'altiplano, ils sont rouge vif et sont dotés d'un système de filtration du sel, ce qui leurs permet de vivre dans ces lacs salés. Nous passons devant des geysers où les émanations de gaz combinées à l'altitude me font souffrir horriblement. Arrivé au premier refuge je me couche directement et le mal d'altitude dure 12h. Le lendemain on passe devant la vallée de Dali. « Dali » car les formations rocheuses en plein milieu du désert ressemblent à une des ses peintures. Six bonnes heures de pistes et nous arrivons devant le célèbre « arbol de piedra » (arbre de pierre). Un rocher en forme d'arbre au milieu de nul part... La nuit nous dormons dans un hôtel complètement construit en sel, les chaises, les tables et même le sol! L'eau est rare dans cette région, ce qui n'empêche pas les gentils touristes américains de se laver les cheveux, résultat plus d'eau pour les autres... c'est une autre culture dirons-nous. Aller on dors comme on peut, grâce à l'altitude on se fait des globules rouges gros comme des ballons, nous sommes fin prêt à affronter le fameux Salar d'Uyuni, le plus vaste océan de sel au monde (11500km²). Lunette de soleil obligatoire, il n'y a plus que le ciel, le ciel, le soleil et nous. Nous arrivons sur une « île » du nom d'IncaHuasi, en Quechua: « la maison de l'inca », ici pousse toujours des cactus millénaire! D'ailleurs c'est facile à calculer, un cactus pousse d'un centimètre par an. On s'amuse à prendre des photos dans le salar grâce à la perspective et on arrive dans la ville d'Uyuni 3h plus tard.
Petit point sur la Bolivie: 64% de la population est en dessous du seuil de pauvreté. La Bolivie était jadis un pays énorme mais les pays limitrophes on grappillés l'ouest par le Pérou, le nord est par le Brésil, le sud par le Paraguay et l'argentine et l'accès à la mer par le Chili durant la guerre du pacifique... en 2005 Juan Evo Morales est intronisé « Apu Mallku »: chef suprême des indiens des Andes. La Bolivie à eu plus de 70 présidents, mais Evo Morales est le premier indien. Toutes les ressources du pays ont été pillées par les autres pays, mais il y a quelques mois, un énorme gisement de lithium a été découvert près du salar d'Uyuni. Si les politiques ne se sucrent pas et que les compagnies étrangères ne privatisent pas le filon, il y a fort à parier que la Bolivie reviendra dans la courses des nouveaux pays industrialisés et son PIB grimpera en flèche. La france est en tête de liste des acheteurs potentiel du lithium extrait. Une belle revanche non? Affaire à suivre... PS: les photos son sur picasa: http://picasaweb.google.com/julien.beraha merci de suivre cette aventure!
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